Plusieurs pays ont des lois différentes concernant le moment où un enfant peut être considéré assez mur pour consentir pleinement à des relations hétérosexuelles avec quelqu'un d'âge adulte. Autrefois au Canada, cela s'appliquait uniquement aux filles et l'âge choisi était de 16 ans. À partir de cet âge, elle pouvait donner son plein consentement et son partenaire ne risquait plus d'être accusé de « viol au sens de la loi ».
Plus tard, la loi a été modifiée de sorte qu'elle s'applique aux jeunes des deux sexes. Jusqu’en 2008, l’âge de consentement était fixé à 14 ans. Lorsque le Parti conservateur est arrivé au pouvoir avec son programme de répression du crime (littéralement, « ligne dure contre le crime »), l'âge minimal a été porté à 16 ans. C’était censé être un outil de plus pour lutter contre la pédophilie, que l’on présentait comme une véritable épidémie. (En passant, aucun jeune n’a le droit d’avoir des relations sexuelles anales avant l’âge de 18 ans.)
À l’époque de Women Against Censorship, publié en 1985, l’éditrice Varda Burstyn soulignait que les relations homosexuelles étaient interdites jusqu'à l'âge de 21 ans. Selon l'Encyclopédie canadienne, un acte homosexuel était passible de 14 ans de prison jusqu’à ce que la loi soit modifiée en 1969.
Lorsqu'il est question de sexualité, je souscris à la philosophie que toutes les lois doivent avoir une fin véritablement laïque. Alors, quand je vois des lois interdisant certains types d'activité sexuelle, ou toute activité sexuelle entre certains types de personnes, j'ai tendance à m’interroger sur l'intention du législateur au moment où les lois ont été adoptées. Le seul « tabou » auquel je souscris toujours sans broncher porte sur les relations sexuelles où un adulte pourrait exploiter une personne trop jeune ou qui, pour toute autre raison, n’a pas encore le atteint le stade de développement cognitif nécessaire pour vraiment consentir à l'activité sexuelle.
Il est normal que les adultes veuillent protéger leurs enfants contre tous les dangers, et il est naturel de vouloir compter sur l'application des lois et des sanctions juridiques à cet égard. Mais a-t-on prouvé que ces lois permettent d'atteindre l'objectif souhaité?
Lorsque les peines sont imposées, le premier objectif est de punir le coupable. Le deuxième objectif est de dissuader quiconque voudrait commettre un acte semblable, y compris le coupable une fois qu'il ou elle aura purgé sa peine. Est-ce vraiment si efficace?
La meilleure preuve de l’efficacité de cette loi serait la presque inexistence de ce genre de comportement. Mais la vie va autrement. Pendant des millénaires, les gens ont adoré d'autres dieux, ont fabriqué et adoré des idoles, ont pris le nom de certains dieux en vain, ont travaillé le jour de repos hebdomadaire, ont déshonoré leurs parents, ont tué, ont trompé leurs conjoints, ont dérobé, ont menti et ont convoité tout ce qui appartenait à leur voisins. Et cela se poursuivra. Les lois concernant l’âge de consentement ne font rien de plus que de faciliter la condamnation des « coupables ».
Si l'on devait vraiment s’intéresser à la protection des enfants, il y a de meilleures façons d’y voir et de meilleures façons d'investir l'argent des contribuables. Commençons par offrir non seulement une meilleure éducation sexuelle, mais aussi une meilleure éducation de la vie. Nos jeunes filles sortent de l'école secondaire avec des connaissances en trigonométrie, mais elles ne peuvent pas remplir une déclaration de revenus. Où est la logique? De même, quand il s'agit de sexualité, apprenons à nos enfants et adolescents des stratégies pour mieux dire non à ceux qui voudraient les exploiter. Après tout, à un moment donné, nous voudrons aussi qu’ils puissent dire oui à ceux qui les traitent convenablement.
Cela ne signifie pas que je m’oppose forcément aux lois sur l'âge de consentement. Mais Varda Burstyn, que j'ai précitée, s'y opposait en 1985 (je ne sais pas ce que serait son opinion aujourd'hui). Dans Women Against Censorship, elle écrit que ces lois avaient été adoptées à la fin du XIXe siècle, le prétexte étant de protéger les enfants des sévices sexuels. Mais les lois ont été inefficaces puisque la prostitution des enfants, les viols et les formes de coercition plus subtiles se sont poursuivis. Plutôt que de punir les vrais coupables, ces lois ont servi de moyen de répression sexuelle envers les garçons et les hommes homosexuels et les filles de la classe ouvrière « coupables » de promiscuité ou de précocité sexuelle. Burstyn voit même de l'injustice dans les relations non abusives entre des hommes, y compris de très jeunes hommes, et des filles qui n'ont pas atteint l'âge de consentement. Burstyn a fait valoir – et certainement m'a convaincu – que les objectifs de ces lois ne sont atteints, et que le lois font plus de mal que de bien à un trop grand nombre de personnes. Mme Burstyn, elle aussi, favorise une meilleure éducation en matière de sexualité et d'estime de soi. Elle ajoute que :
Les lois actuelles sur l’âge de consentement sont fondées sur l'hypothèse que les adolescents ne sont pas des êtres sexuels ayant le droit de vivre des expériences sexuelles avec d'autres. En fait, psychologiquement et émotionnellement, l'adolescence est un moment de pulsions sexuelles intenses, et beaucoup d'adolescents emploient des moyens déterminés afin de rencontrer des partenaires beaucoup plus âgés. En matière de politiques sociales régissant l'éducation, l’intervention de l'État et les peines juridiques, il est plus dangereux qu’utile d’entretenir des notions telles que le viol au sens de la loi ou les variations sur ce thème. (Page 177, ma traduction.)
Voir aussi L'âge de consentement aux activités sexuelles.
Le danger, ce n'est pas ce que l'on ignore; c'est ce que l'on tient pour certain, mais qui ne l'est pas. -- Mark Twain
lundi 14 mars 2011
dimanche 13 mars 2011
Sexe et naturisme, un autre regard
Le numéro de l’été 2007 d’Au naturel présente la conclusion d'un article en deux parties intitulé « Une attitude paradoxale par rapport à la sexualité » par Jacqueline Shoemaker Holmes. L'article était fondé sur la recherche qu'elle a entreprise à titre d'étudiante en maîtrise à l'Université York en 2003. Elle a choisi une plage naturiste et a passé l'été à y étudier les visiteurs et les activités.
Elle souligne que les conclusions ne s'appliquent qu'à la plage en question et aux gens qui la fréquentent, mais on voit bien par le ton de l’article qu’elle s’est permis de faire quelques généralisations sur le naturisme dans son ensemble.
Dès le premier jour, elle a attiré beaucoup d'attention, à la fois comme une femme non accompagnée et en tant que chercheure. On avait beau lui dire avant ses visites que le nudisme n'est pas sexuel en soi. Le comportement sur la plage et lors des entrevues, surtout celui du groupe dominant, a poussé la chercheure à trouver des liens entre le nudisme et la sexualité. Les deux seraient intimement liés à la sexualisation des femmes et à l'hypersexualisation des hommes homosexuels par le groupe dominant, soit des hommes d'âge moyen.
Les hommes étaient beaucoup plus nombreux que les femmes, et la plupart des femmes étaient accompagnées. Par conséquent, les réactions présentaient une perspective masculine. Les hommes parlaient beaucoup des possibilités de rencontres sexuelles même si l’on assurait qu’il s’agissait officiellement d’une plage naturiste. Il a souvent été question des attributs physiques des femmes et à quel point elles étaient désirables sexuellement, et l’on cherchait à savoir si les femmes étaient ouvertes à l’idée d’avoir des rapports sexuels. À titre de femme non accompagnée, elle a été la cible de ce que l’on pourrait qualifier d’intérêt frôlant le « dragage ». Du moins, cela se reflétait dans le comportement des hommes à son endroit.
(J’y pense : Puisqu’un endroit naturiste ne doit pas susciter des idées sexuelles, peut-être que ce lieu n'était pas tout à fait naturiste...?)
Les hommes avaient aussi des opinions arrêtées sur les gens dans une autre section de la plage – la section gaie. C’était, semble-t-il, l’endroit à visiter pour voir de l’activité sexuelle. D’après l’auteure, cela voulait dire qu’il y avait plus d’activités sexuelles dans cette partie de la plage que dans la partie « hétérosexuelle ». Après tout, elle avait entendu des anecdotes concernant ce qui pouvait se passer dans la partie dite « familiale » plus tard le soir.
Selon les recherches de l’auteure, il y a une composante sexuelle au naturisme. Les femmes non accompagnées sont perçues par les utilisateurs, en particulier les hommes hétérosexuels, comme représentant des occasions possibles de rencontres sexuelles et sont parfois invitées à passer aux actes. Quant aux gais, ils sont considérés comme étant « hypersexuels » et ne seraient pas de « vrais » naturistes.
Conclusion : il est faux de dire que le naturisme n’est « pas plus sexuel que toute autre activité ». La sexualité est cachée et, dans le cas de cette plage au moins, opprimante. En niant le rôle que joue la sexualité dans le naturisme et en refusant d’accorder une pleine égalité à ceux dont la sexualité est différente de la « norme », la possibilité de créer des alliances, avec la communauté gaie par exemple, est très faible.
Puisque nous ne pouvons pas savoir de quelle plage il s’agissait, nous ne saurons jamais si le comportement et les attitudes à cette plage constituent la règle, l'exception ou un peu des deux. En effet, l'auteur souligne qu'elle ne qualifie pas le naturisme dans son ensemble de patriarcal ou de homophobe, peut-être parce que l'échantillon est trop petit.
Que dire de nos lieux naturistes établis, stations balnéaires et autres? Sont-ils aussi « propres » que nous aimerions le croire? Est-ce que nous nous leurrerons en croyant que le naturisme ne comporte aucun élément de sexualité?
Nous avons toujours pensé au sexe sous forme d’activités sexuelles en public. Nous ne pouvons plus nous permettre de limiter ainsi nos réflexions sur la question. L'auteure ne préconise pas les activités sexuelles en public. Toutefois, elle termine en nous posant quelques questions :
• Pourquoi les pages sont-elles séparées en sections « familiale » et « gaie »; en corollaire, pourquoi certaines plages sont-elles familiales tandis que d’autres sont gaies?
• Pourquoi certains clubs excluent-ils des personnes pour motif d’orientation sexuelle?
• D’un point de vue politique et personnel, que signifie l’exclusion de la sexualité des valeurs naturistes?
• S'il y a de la place pour l'expression sexuelle dans le naturisme, où pouvons-nous la trouver? Et sinon, pourquoi pas?
• Comment le naturisme peut-il être plus inclusif et égalitaire?
Qui veut s’y risquer?
Elle souligne que les conclusions ne s'appliquent qu'à la plage en question et aux gens qui la fréquentent, mais on voit bien par le ton de l’article qu’elle s’est permis de faire quelques généralisations sur le naturisme dans son ensemble.
Dès le premier jour, elle a attiré beaucoup d'attention, à la fois comme une femme non accompagnée et en tant que chercheure. On avait beau lui dire avant ses visites que le nudisme n'est pas sexuel en soi. Le comportement sur la plage et lors des entrevues, surtout celui du groupe dominant, a poussé la chercheure à trouver des liens entre le nudisme et la sexualité. Les deux seraient intimement liés à la sexualisation des femmes et à l'hypersexualisation des hommes homosexuels par le groupe dominant, soit des hommes d'âge moyen.
Les hommes étaient beaucoup plus nombreux que les femmes, et la plupart des femmes étaient accompagnées. Par conséquent, les réactions présentaient une perspective masculine. Les hommes parlaient beaucoup des possibilités de rencontres sexuelles même si l’on assurait qu’il s’agissait officiellement d’une plage naturiste. Il a souvent été question des attributs physiques des femmes et à quel point elles étaient désirables sexuellement, et l’on cherchait à savoir si les femmes étaient ouvertes à l’idée d’avoir des rapports sexuels. À titre de femme non accompagnée, elle a été la cible de ce que l’on pourrait qualifier d’intérêt frôlant le « dragage ». Du moins, cela se reflétait dans le comportement des hommes à son endroit.
(J’y pense : Puisqu’un endroit naturiste ne doit pas susciter des idées sexuelles, peut-être que ce lieu n'était pas tout à fait naturiste...?)
Les hommes avaient aussi des opinions arrêtées sur les gens dans une autre section de la plage – la section gaie. C’était, semble-t-il, l’endroit à visiter pour voir de l’activité sexuelle. D’après l’auteure, cela voulait dire qu’il y avait plus d’activités sexuelles dans cette partie de la plage que dans la partie « hétérosexuelle ». Après tout, elle avait entendu des anecdotes concernant ce qui pouvait se passer dans la partie dite « familiale » plus tard le soir.
Selon les recherches de l’auteure, il y a une composante sexuelle au naturisme. Les femmes non accompagnées sont perçues par les utilisateurs, en particulier les hommes hétérosexuels, comme représentant des occasions possibles de rencontres sexuelles et sont parfois invitées à passer aux actes. Quant aux gais, ils sont considérés comme étant « hypersexuels » et ne seraient pas de « vrais » naturistes.
Conclusion : il est faux de dire que le naturisme n’est « pas plus sexuel que toute autre activité ». La sexualité est cachée et, dans le cas de cette plage au moins, opprimante. En niant le rôle que joue la sexualité dans le naturisme et en refusant d’accorder une pleine égalité à ceux dont la sexualité est différente de la « norme », la possibilité de créer des alliances, avec la communauté gaie par exemple, est très faible.
Puisque nous ne pouvons pas savoir de quelle plage il s’agissait, nous ne saurons jamais si le comportement et les attitudes à cette plage constituent la règle, l'exception ou un peu des deux. En effet, l'auteur souligne qu'elle ne qualifie pas le naturisme dans son ensemble de patriarcal ou de homophobe, peut-être parce que l'échantillon est trop petit.
Que dire de nos lieux naturistes établis, stations balnéaires et autres? Sont-ils aussi « propres » que nous aimerions le croire? Est-ce que nous nous leurrerons en croyant que le naturisme ne comporte aucun élément de sexualité?
Nous avons toujours pensé au sexe sous forme d’activités sexuelles en public. Nous ne pouvons plus nous permettre de limiter ainsi nos réflexions sur la question. L'auteure ne préconise pas les activités sexuelles en public. Toutefois, elle termine en nous posant quelques questions :
• Pourquoi les pages sont-elles séparées en sections « familiale » et « gaie »; en corollaire, pourquoi certaines plages sont-elles familiales tandis que d’autres sont gaies?
• Pourquoi certains clubs excluent-ils des personnes pour motif d’orientation sexuelle?
• D’un point de vue politique et personnel, que signifie l’exclusion de la sexualité des valeurs naturistes?
• S'il y a de la place pour l'expression sexuelle dans le naturisme, où pouvons-nous la trouver? Et sinon, pourquoi pas?
• Comment le naturisme peut-il être plus inclusif et égalitaire?
Qui veut s’y risquer?
samedi 12 mars 2011
Mordre à l’hameçon
Je consulte souvent CBC News Online pour me tenir au fait de l’actualité provinciale. Bien que lire les nouvelles soit le but principal, je peux aussi lire les commentaires qui, bien souvent, viennent des mêmes personnes. Et chaque fois qu'il y a une nouvelle concernant le bilinguisme, l’on peut compter sur les « trolls » anti-bilinguisme habituels de se manifester.
Le 31 janvier dernier, un article paraissait avec le titre N.B. lacks leadership on language laws: prof (Le Nouveau-Brunswick manque de leadership en ce qui concerne les lois sur les langues, dit un professeur). L'article fait allusion au cas d’une personne accusée d'avoir refusé de se soumettre à l’alcootest et qui a été acquittée parce que le policier ne lui avait pas demandé dans quelle langue elle voulait se faire servir. Le problème n'en était pas une de compréhension. La personne accusée et le policier parlaient tous les deux le français. Mais la juge a statué que l'agent doit toujours demander à l'accusé s'il préfère se faire servir dans l’autre langue officielle. Un expert en droit constitutionnel, Michel Doucet, a été cité tout au long de l'article sur les responsabilités d’un policier dans de telles situations.
Eh bien, il n’en fallait pas plus pour que les trolls se manifestent pour une énième fois dans la section des commentaires. Un intervenant, dont le nom d'utilisateur était "ivatumca», a conclu son commentaire en disant : « Vous ne voulez pas savoir ce que le bilinguisme coûte à cette province ... »
En croyant que cette personne savait peut-être de quoi elle parlait, j’ai répondu en disant :
« En fait, oui, j’aimerais le savoir. Veuillez fournir une description complète et détaillée du coût de chaque article. Je vous remercie. En toute sincérité, etc. »
La vie étant ce qu'elle est, je suis passé à d'autres activités et je ne suis revenu à cet article que récemment afin de voir s’il y avait eu des réactions. Eh non! Aucune. C’était à prévoir.
J’avoue que j’ai joué le pince-sans-rire avec mon commentaire, mais c’était pour établir le constat suivant : Pendant des années, nous avons entendu les adversaires du bilinguisme se plaignaient des coûts exorbitants du bilinguisme et du fait que le Nouveau-Brunswick demeure une province démunie. S'ils sont à ce point convaincus de leur thèse, pourquoi ne publient-ils pas les chiffres? Ce serait un véritable coup d’éclat. « Bilingue aujourd’hui, Français demain » a été la première manifestation publique de l’anti-bilinguisme, écrit disait-on de la perspective de quelqu’un de l’intérieur. Mais même ce dernier ne pouvait offrir que de très vagues accusations.
Et ils parlent toujours de la façon dont les francophones refusent de faire des compromis et de leur insistance de se faire servir en français, et ils n’aiment pas cela. Autrefois, les Canadiens français n'avaient pas le choix que de parler l’anglais parce que c’était la seule langue officiellement reconnue au Nouveau-Brunswick. Ah! Si l’on pouvait revenir à l'âge d'or ...
Ils aimeraient bien cela. Et ce serait bien intéressant de voir les conséquences. Actuellement, ils croient que le bilinguisme fait en sorte qu’ils ne trouvent pas d’emploi ou se voient refuser des promotions. Si jamais le bilinguisme disparaissait, ils auraient à expliquer leurs lacunes autrement.
Le 31 janvier dernier, un article paraissait avec le titre N.B. lacks leadership on language laws: prof (Le Nouveau-Brunswick manque de leadership en ce qui concerne les lois sur les langues, dit un professeur). L'article fait allusion au cas d’une personne accusée d'avoir refusé de se soumettre à l’alcootest et qui a été acquittée parce que le policier ne lui avait pas demandé dans quelle langue elle voulait se faire servir. Le problème n'en était pas une de compréhension. La personne accusée et le policier parlaient tous les deux le français. Mais la juge a statué que l'agent doit toujours demander à l'accusé s'il préfère se faire servir dans l’autre langue officielle. Un expert en droit constitutionnel, Michel Doucet, a été cité tout au long de l'article sur les responsabilités d’un policier dans de telles situations.
Eh bien, il n’en fallait pas plus pour que les trolls se manifestent pour une énième fois dans la section des commentaires. Un intervenant, dont le nom d'utilisateur était "ivatumca», a conclu son commentaire en disant : « Vous ne voulez pas savoir ce que le bilinguisme coûte à cette province ... »
En croyant que cette personne savait peut-être de quoi elle parlait, j’ai répondu en disant :
« En fait, oui, j’aimerais le savoir. Veuillez fournir une description complète et détaillée du coût de chaque article. Je vous remercie. En toute sincérité, etc. »
La vie étant ce qu'elle est, je suis passé à d'autres activités et je ne suis revenu à cet article que récemment afin de voir s’il y avait eu des réactions. Eh non! Aucune. C’était à prévoir.
J’avoue que j’ai joué le pince-sans-rire avec mon commentaire, mais c’était pour établir le constat suivant : Pendant des années, nous avons entendu les adversaires du bilinguisme se plaignaient des coûts exorbitants du bilinguisme et du fait que le Nouveau-Brunswick demeure une province démunie. S'ils sont à ce point convaincus de leur thèse, pourquoi ne publient-ils pas les chiffres? Ce serait un véritable coup d’éclat. « Bilingue aujourd’hui, Français demain » a été la première manifestation publique de l’anti-bilinguisme, écrit disait-on de la perspective de quelqu’un de l’intérieur. Mais même ce dernier ne pouvait offrir que de très vagues accusations.
Et ils parlent toujours de la façon dont les francophones refusent de faire des compromis et de leur insistance de se faire servir en français, et ils n’aiment pas cela. Autrefois, les Canadiens français n'avaient pas le choix que de parler l’anglais parce que c’était la seule langue officiellement reconnue au Nouveau-Brunswick. Ah! Si l’on pouvait revenir à l'âge d'or ...
Ils aimeraient bien cela. Et ce serait bien intéressant de voir les conséquences. Actuellement, ils croient que le bilinguisme fait en sorte qu’ils ne trouvent pas d’emploi ou se voient refuser des promotions. Si jamais le bilinguisme disparaissait, ils auraient à expliquer leurs lacunes autrement.
vendredi 11 mars 2011
À l’heure des impôts
Un caractéristique intéressant des logiciels de préparation de déclarations de revenus est que l’on peut penser à des situations hypothétiques et examiner les conséquences en ce qui concerne l’impôt sur le revenu sans avoir à faire toutes sortes de calculs compliqués à la main. J’ai donc imaginé deux personnes, soit un époux et son épouse habitant le Nouveau-Brunswick, et j’y ai ajouté les critères suivants :
a) si l'un ou l’autre travaille, c'est à titre d’employé et non comme un travailleur autonome;
b) leurs seules sources de revenus sont leurs emplois respectifs;
c) le couple n'a aucune personne à charge, même pas des enfants;
d) aucun des deux n’a de déduction fiscale, même pas des cotisations à un régime enregistré d'épargne retraite;
e) les seuls crédits non remboursables auxquels ils pourraient avoir droit sont le montant personnel de base, le montant pour époux ou conjoint de fait (le cas échéant), les cotisations au Régime de pensions du Canada, les cotisations à l’Assurance-emploi, et le montant canadien pour emploi.
Tout en respectant ces contraintes, je me suis mis à calculer l'impôt à payer pour différentes situations où le revenu total imposable du ménage atteint 100 000 $.
Dans un premier cas, les deux membres du couple gagnent 50 000 $. J’ai entré les montants appropriés aux bons endroits pour ensuite laisser le logiciel faire son travail. Résultat : Chacun aurait à payer 9 978,51 $, pour un total de 19 957,02 $ pour tout le ménage. Dans le deuxième cas, un membre du couple gagne 65 000 $, pour devoir 15 153,51 $ au fisc, tandis que l'autre a un revenu de 35 000 $ et aurait à payer 5 447,78 $. Le total pour le ménage atteint 20 601,29 $. Le couple du premier scénario, où les deux gagnent 50 000 $, paierait donc 644,27 $ de moins que le couple du deuxième scénario.
Dans le troisième cas, un membre du couple gagne la totalité des 100 000 $ du ménage. Dans ce cas, même lorsque l'on tient compte du montant pour conjoint, il faut payer 25 917,32 $ en impôts. C'est 5960 $ de plus que le couple où les deux membres gagnent 50 000 $ chacun, ce que je trouve plutôt exorbitant. Au cas où vous vous posiez la question, si jamais il gagnait 150 000 $, la facture s’élèverait à 46 572,95 $.
À présent, vous vous demandez peut-être où je veux en venir avec tout cela. Permettez-moi d’abord d’ajouter un peu plus à ce préambule.
Selon le Guide général d'impôt et de prestations - 2010, une personne peut demander les frais médicaux admissibles qui dépassent le moins élevé des montants suivants : trois pourcent du revenu net (à la ligne 236 de la déclaration) ou 2024 $. Un couple peut choisir de déclarer toutes leurs dépenses admissibles sur une seule déclaration de revenus et y ajouter ceux de leurs enfants à charge. En général, c’est inscrit dans la déclaration du membre du couple ayant le revenu plus faible puisque l’on pourra davantage tirer profit de ce crédit.
L'exemple donné dans le guide porte sur « Gabriel » et « Sarah », dont les frais médicaux pour l'année totalisent 4300 $. Le revenu net Sarah est de 32 000 $, et trois pourcent de ces montant est 960 $. Le revenu net de Gabriel est de 48 000 $, ce qui fait 1440 $ si l’on multiple par trois pourcent. De toute évidence, il est plus avantageux de demander le crédit des frais médicaux dans la déclaration de Sarah puisque 4300 $ moins 960 $ est supérieur à 4300 $ moins 1440 $.
N’oublions pas que les frais doivent dépasser trois pour cent du revenu net OU 2024 $. Le montant de 2024 $, le seuil maximal pour l'année 2010, équivaut à trois pour cent d’un peu plus de 67 466 $. Cela signifie que toute personne gagnant 67 467 $ ou plus n'aura à soustraire que 2024 $, même si le revenu devait atteindre des centaines de milliers de dollars.
Nous voilà maintenant au clou de mon article. Il y une année où je cherchais à réduire davantage le montant dû au fisc et j’ai pensé au crédit d’impôt pour frais médicaux admissibles. À l'époque, nous n’avons pas eu à quitter la région, ni même la province, pour des raisons médicales. Il n’y avait que les cotisations au régime de mon employeur et les frais payés directement au dentiste et à l'optométriste, ainsi que pour les médicaments sur ordonnance.
Pendant l’année en question, les frais médicaux de ma famille ont à peine dépassé les trois pour cent de mon revenu, de 14 $ tout au plus, grâce au plan médical de mon entreprise. Et comme ma femme n'avait pas de revenu, elle n’avait pas non plus d’impôts à payer. Ce crédit lui était donc inutile pour sa déclaration de revenus. L'exercice n’en valait pas la chandelle.
Mais ce qui m'agaçait vraiment à l'époque était que ce fameux seuil maximal existait. Peu importe l’ampleur de la somme gagnée, le seuil n’allait jamais dépasser le seuil maximal. Je me sentais comme si l’on me volait. Comment les législateurs et autres décideurs politiques pouvaient-ils approuver une politique si injuste?
Cependant, après avoir vu combien les mieux nantis (mais loin d’être riches) avaient à payer en impôts, je peux comprendre qu’il peut être juste de leur donner une chance pour ce qui est des frais médicaux. De plus, j’ai une idée qui pourrait rendre le tout encore plus juste dans le cas des ménages où un seul partenaire travail. Les frais médicaux peuvent être inscrits d’abord sur la déclaration de la partenaire à plus faible revenu, puis toute partie non utilisée peut être transférée à l’autre partenaire au moyen de l’annexe 2, Montants transférés de l’époux ou du conjoint de fait. Ce serait une bonne façon de reconnaître les répercussions des frais médicaux sur toute la famille.
Cela dit, il m’est arrivé pendant une certaine année de voyage à l’extérieur de la province pour des raisons médicales si fréquemment qu'il aurait été avantageux de conserver les reçus des déplacements, des séjours dans les hôtels et des repas. Cela représentait environ 500 $ par voyage et le seuil aurait été facilement dépassé. Une leçon de plus dans la vie.
a) si l'un ou l’autre travaille, c'est à titre d’employé et non comme un travailleur autonome;
b) leurs seules sources de revenus sont leurs emplois respectifs;
c) le couple n'a aucune personne à charge, même pas des enfants;
d) aucun des deux n’a de déduction fiscale, même pas des cotisations à un régime enregistré d'épargne retraite;
e) les seuls crédits non remboursables auxquels ils pourraient avoir droit sont le montant personnel de base, le montant pour époux ou conjoint de fait (le cas échéant), les cotisations au Régime de pensions du Canada, les cotisations à l’Assurance-emploi, et le montant canadien pour emploi.
Tout en respectant ces contraintes, je me suis mis à calculer l'impôt à payer pour différentes situations où le revenu total imposable du ménage atteint 100 000 $.
Dans un premier cas, les deux membres du couple gagnent 50 000 $. J’ai entré les montants appropriés aux bons endroits pour ensuite laisser le logiciel faire son travail. Résultat : Chacun aurait à payer 9 978,51 $, pour un total de 19 957,02 $ pour tout le ménage. Dans le deuxième cas, un membre du couple gagne 65 000 $, pour devoir 15 153,51 $ au fisc, tandis que l'autre a un revenu de 35 000 $ et aurait à payer 5 447,78 $. Le total pour le ménage atteint 20 601,29 $. Le couple du premier scénario, où les deux gagnent 50 000 $, paierait donc 644,27 $ de moins que le couple du deuxième scénario.
Dans le troisième cas, un membre du couple gagne la totalité des 100 000 $ du ménage. Dans ce cas, même lorsque l'on tient compte du montant pour conjoint, il faut payer 25 917,32 $ en impôts. C'est 5960 $ de plus que le couple où les deux membres gagnent 50 000 $ chacun, ce que je trouve plutôt exorbitant. Au cas où vous vous posiez la question, si jamais il gagnait 150 000 $, la facture s’élèverait à 46 572,95 $.
À présent, vous vous demandez peut-être où je veux en venir avec tout cela. Permettez-moi d’abord d’ajouter un peu plus à ce préambule.
Selon le Guide général d'impôt et de prestations - 2010, une personne peut demander les frais médicaux admissibles qui dépassent le moins élevé des montants suivants : trois pourcent du revenu net (à la ligne 236 de la déclaration) ou 2024 $. Un couple peut choisir de déclarer toutes leurs dépenses admissibles sur une seule déclaration de revenus et y ajouter ceux de leurs enfants à charge. En général, c’est inscrit dans la déclaration du membre du couple ayant le revenu plus faible puisque l’on pourra davantage tirer profit de ce crédit.
L'exemple donné dans le guide porte sur « Gabriel » et « Sarah », dont les frais médicaux pour l'année totalisent 4300 $. Le revenu net Sarah est de 32 000 $, et trois pourcent de ces montant est 960 $. Le revenu net de Gabriel est de 48 000 $, ce qui fait 1440 $ si l’on multiple par trois pourcent. De toute évidence, il est plus avantageux de demander le crédit des frais médicaux dans la déclaration de Sarah puisque 4300 $ moins 960 $ est supérieur à 4300 $ moins 1440 $.
N’oublions pas que les frais doivent dépasser trois pour cent du revenu net OU 2024 $. Le montant de 2024 $, le seuil maximal pour l'année 2010, équivaut à trois pour cent d’un peu plus de 67 466 $. Cela signifie que toute personne gagnant 67 467 $ ou plus n'aura à soustraire que 2024 $, même si le revenu devait atteindre des centaines de milliers de dollars.
Nous voilà maintenant au clou de mon article. Il y une année où je cherchais à réduire davantage le montant dû au fisc et j’ai pensé au crédit d’impôt pour frais médicaux admissibles. À l'époque, nous n’avons pas eu à quitter la région, ni même la province, pour des raisons médicales. Il n’y avait que les cotisations au régime de mon employeur et les frais payés directement au dentiste et à l'optométriste, ainsi que pour les médicaments sur ordonnance.
Pendant l’année en question, les frais médicaux de ma famille ont à peine dépassé les trois pour cent de mon revenu, de 14 $ tout au plus, grâce au plan médical de mon entreprise. Et comme ma femme n'avait pas de revenu, elle n’avait pas non plus d’impôts à payer. Ce crédit lui était donc inutile pour sa déclaration de revenus. L'exercice n’en valait pas la chandelle.
Mais ce qui m'agaçait vraiment à l'époque était que ce fameux seuil maximal existait. Peu importe l’ampleur de la somme gagnée, le seuil n’allait jamais dépasser le seuil maximal. Je me sentais comme si l’on me volait. Comment les législateurs et autres décideurs politiques pouvaient-ils approuver une politique si injuste?
Cependant, après avoir vu combien les mieux nantis (mais loin d’être riches) avaient à payer en impôts, je peux comprendre qu’il peut être juste de leur donner une chance pour ce qui est des frais médicaux. De plus, j’ai une idée qui pourrait rendre le tout encore plus juste dans le cas des ménages où un seul partenaire travail. Les frais médicaux peuvent être inscrits d’abord sur la déclaration de la partenaire à plus faible revenu, puis toute partie non utilisée peut être transférée à l’autre partenaire au moyen de l’annexe 2, Montants transférés de l’époux ou du conjoint de fait. Ce serait une bonne façon de reconnaître les répercussions des frais médicaux sur toute la famille.
Cela dit, il m’est arrivé pendant une certaine année de voyage à l’extérieur de la province pour des raisons médicales si fréquemment qu'il aurait été avantageux de conserver les reçus des déplacements, des séjours dans les hôtels et des repas. Cela représentait environ 500 $ par voyage et le seuil aurait été facilement dépassé. Une leçon de plus dans la vie.
mardi 8 février 2011
Avoir ce qui nous est dû
Depuis quelque temps, les francophones de la vallée du Kennebecasis demandent la construction d’une école française dans leur région pour les élèves plus jeunes. La lettre qui suite, publiée le 21 janvier dernier dans le Telegraph Journal, semble y faire allusion. La traduction est de moi.
La lettre est signée Tom Hickie, de Fredericton. Bon, où commencer?
M. Hickie semble croire qu’il est naturel que les élèves aient à se déplacer sur de grandes distances pour fréquenter l’école. C’est malheureusement le cas dans bien des régions. Cependant, cela dépend de bien des facteurs.
Par exemple, dans la région s’étendant de Sainte-Anne-de-Madawaska à Edmundston, il n'y a qu'une seule école anglaise, la Saint Mary’s Academy, située à Edmundston. Étant donné que les étudiants anglais dans cette région de la province sont rares et que la grande majorité d’entre eux se trouvent dans la région immédiate d’Edmundston, c’est tout à fait logique. Imaginez que l’on essaie de faire la même chose avec tous les élèves francophones de cette région. Pour l’instant, ce serait impensable étant donné que les écoles dans les plus petites collectivités continuent d’accueillir des élèves en quantités suffisantes, et il est logique que les plus jeunes aillent à l'école le plus près possible de chez eux.
Si un jour ces écoles du Madawaska se dépeuplaient de façon significative, il faudrait revoir la situation. C’est déjà la situation dans bien des petites écoles de la Péninsule acadienne (l’est du comté de Gloucester). Il est fort probable qu’un grand nombre d’écoles devront fermer. Mais dans la vallée de la Kennebecasis, c’est l’inverse qui se produit. Si le nombre d’élèves le justifie, on devrait pouvoir au moins y construire une école élémentaire.
Plus loin dans sa lettre, M. Hickie finit par accepter que la dualité est nécessaire pour le système scolaire de sorte que chaque groupe linguistique puisse voir aux programmes éducatifs de leurs élèves respectifs. Toutefois, sa suggestion que les parents fassent des pressions auprès du district scolaire plutôt qu’auprès des élus est, pour dire le moins, mal réfléchie. Les districts ne font rien de plus que de gérer les écoles qui leur sont confiées. Pour faire construire une école, il faut le concours du gouvernement provincial.
M. Hickie semble croire que tout le monde connaît la situation de l'école de Balmoral. Je ne suis pas de ce nombre. Cependant, il est difficile de nier que lorsque des fonds sont affectés à un projet donné, ils ne peuvent plus servir à autre chose. Mais comme on l’a si souvent entendu, gouverner exige que l’on fasse des choix. L’on peut bien s’élever contre le sentiment du « tout m’est dû ». Mais pourquoi croire que c’est à tout prix? Pourquoi ne pas reconnaître ainsi la contribution des francophones de la vallée au trésor provincial?
« La langue n'est pas la culture, … » Voilà un débat philosophique intéressant auquel je dois malheureusement me limiter à présenter ma vision des choses. Ann Duncan est professeure agrégée de l'éducation à l’Université du Tennessee à Martin, et donne des cours qui traitent de questions multiculturelles éducation. Elle offre une série de définitions de la culture sur ce site. Si l'on regarde ces définitions, on en ressort les thèmes communs suivants :
• La culture comprend des hypothèses, des croyances, des pratiques, des attitudes et des perceptions.
• Entre autres, la culture se manifeste dans les comportements, les habitudes, les symboles, les institutions et les valeurs.
Si la culture comprend les perceptions et les croyances, nous devons admettre que ces perceptions etcroyances sont généralement accumulées et communiquées de façon linguistique. Même une peinture ou un dessin sont issus de la pensée d'un artiste qui, sans doute, est influencé par sa culture, et sa culture est façonnée en partie par sa langue. Même les sourds qui utilisent le langage gestuel ont une culture qui est façonnée par leur mode de communication.
Nous entendons souvent parler d'une déclaration ou d'un texte dont le sens « se perd dans la traduction ». Puisque les langues ne sont jamais créées avec la traduction à l'esprit, il n'existe aucun processus pour s'assurer que les deux langues se développent de façon complémentaire l’une par rapport à l'autre. Par conséquent, il y a parfois des concepts qui ne peuvent pas être facilement rendus dans une autre langue, et la traduction sera toujours approximative.
En fait, un bon exemple de cela est le mot anglais « entitlement », un mot qui revient souvent dans la version originale de la lettre de M. Hickie. En français, on parlerait de « ce qui revient de droit ». Je traduis l’expression par une définition parce que le français ne semble pas disposer d’expression qui traduit bien le mot « entitlement ». À moins, bien sûr, de parler des domaines spécifiques comme le droit et les assurances…
La langue façonne la culture et vice versa. C'est peut-être la meilleure preuve que la déclaration de M. Hickie concernant la langue et la culture est fausse. La langue et la culture ne sont pas, en soi, la même chose. Toutefois, elles sont si inextricablement liées l’un à l’autre qu’elles ne pourraient pas fonctionner isolément.
Il est naturel que les francophones de la vallée désirent avoir une école locale française. Qui ne voudrait pas une école ou un hôpital à deux pas de chez soi? La vérité est qu’un grand nombre d'élèves, francophones et anglophones, voyagent beaucoup plus loin pour fréquenter l’école dans de nombreuses régions de la province que ceux qui doivent se rendre à Saint-Jean.
Le bilinguisme n’était pas censé créer la dualité au sein du gouvernement, mais nous avons le vrai dualisme (sic) en éducation et une dualité en devenir pour ce qui est des soins de santé.
Les résidants de langue française de la vallée devraient faire des pressions pour une nouvelle école auprès de leur district scolaire, et non auprès des élus ou du gouvernement provincial. Ils pourraient demander à l’ancien ministre Donald Arsenault d’expliquer pourquoi une nouvelle école française (a été construite) à Balmoral, même si les écoles existantes de la région manquent de clients. Les ressources dépensées dans la vallée le seront aux dépens d'un autre projet, tout comme cela a été le cas pour l'école de Balmoral. Le sentiment du « tout m’est dû » est bien vivant dans notre province, et c'est souvent « tout pour moi, à tout prix ».
Nous devons pleinement accepter le dualisme (sic) et les systèmes distincts en enseignement, et financer le tout selon un taux par élève afin d’assurer l'égalité. Cela permettra aux différents groupes d'investir les fonds pour l'éducation de la façon qu’ils considèrent la plus avantageuse.
Je suis perturbé par la baisse de la population dans les communautés rurales anglophones, mais cela m'attriste davantage de voir la dépopulation des les villages traditionnels acadiens.
La langue n'est pas la culture, et il ne nous est aucunement avantageux de permettre à ce mensonge d'exister.
Le bilinguisme n’était pas censé créer la dualité au sein du gouvernement, mais nous avons le vrai dualisme (sic) en éducation et une dualité en devenir pour ce qui est des soins de santé.
Les résidants de langue française de la vallée devraient faire des pressions pour une nouvelle école auprès de leur district scolaire, et non auprès des élus ou du gouvernement provincial. Ils pourraient demander à l’ancien ministre Donald Arsenault d’expliquer pourquoi une nouvelle école française (a été construite) à Balmoral, même si les écoles existantes de la région manquent de clients. Les ressources dépensées dans la vallée le seront aux dépens d'un autre projet, tout comme cela a été le cas pour l'école de Balmoral. Le sentiment du « tout m’est dû » est bien vivant dans notre province, et c'est souvent « tout pour moi, à tout prix ».
Nous devons pleinement accepter le dualisme (sic) et les systèmes distincts en enseignement, et financer le tout selon un taux par élève afin d’assurer l'égalité. Cela permettra aux différents groupes d'investir les fonds pour l'éducation de la façon qu’ils considèrent la plus avantageuse.
Je suis perturbé par la baisse de la population dans les communautés rurales anglophones, mais cela m'attriste davantage de voir la dépopulation des les villages traditionnels acadiens.
La langue n'est pas la culture, et il ne nous est aucunement avantageux de permettre à ce mensonge d'exister.
M. Hickie semble croire qu’il est naturel que les élèves aient à se déplacer sur de grandes distances pour fréquenter l’école. C’est malheureusement le cas dans bien des régions. Cependant, cela dépend de bien des facteurs.
Par exemple, dans la région s’étendant de Sainte-Anne-de-Madawaska à Edmundston, il n'y a qu'une seule école anglaise, la Saint Mary’s Academy, située à Edmundston. Étant donné que les étudiants anglais dans cette région de la province sont rares et que la grande majorité d’entre eux se trouvent dans la région immédiate d’Edmundston, c’est tout à fait logique. Imaginez que l’on essaie de faire la même chose avec tous les élèves francophones de cette région. Pour l’instant, ce serait impensable étant donné que les écoles dans les plus petites collectivités continuent d’accueillir des élèves en quantités suffisantes, et il est logique que les plus jeunes aillent à l'école le plus près possible de chez eux.
Si un jour ces écoles du Madawaska se dépeuplaient de façon significative, il faudrait revoir la situation. C’est déjà la situation dans bien des petites écoles de la Péninsule acadienne (l’est du comté de Gloucester). Il est fort probable qu’un grand nombre d’écoles devront fermer. Mais dans la vallée de la Kennebecasis, c’est l’inverse qui se produit. Si le nombre d’élèves le justifie, on devrait pouvoir au moins y construire une école élémentaire.
Plus loin dans sa lettre, M. Hickie finit par accepter que la dualité est nécessaire pour le système scolaire de sorte que chaque groupe linguistique puisse voir aux programmes éducatifs de leurs élèves respectifs. Toutefois, sa suggestion que les parents fassent des pressions auprès du district scolaire plutôt qu’auprès des élus est, pour dire le moins, mal réfléchie. Les districts ne font rien de plus que de gérer les écoles qui leur sont confiées. Pour faire construire une école, il faut le concours du gouvernement provincial.
M. Hickie semble croire que tout le monde connaît la situation de l'école de Balmoral. Je ne suis pas de ce nombre. Cependant, il est difficile de nier que lorsque des fonds sont affectés à un projet donné, ils ne peuvent plus servir à autre chose. Mais comme on l’a si souvent entendu, gouverner exige que l’on fasse des choix. L’on peut bien s’élever contre le sentiment du « tout m’est dû ». Mais pourquoi croire que c’est à tout prix? Pourquoi ne pas reconnaître ainsi la contribution des francophones de la vallée au trésor provincial?
« La langue n'est pas la culture, … » Voilà un débat philosophique intéressant auquel je dois malheureusement me limiter à présenter ma vision des choses. Ann Duncan est professeure agrégée de l'éducation à l’Université du Tennessee à Martin, et donne des cours qui traitent de questions multiculturelles éducation. Elle offre une série de définitions de la culture sur ce site. Si l'on regarde ces définitions, on en ressort les thèmes communs suivants :
• La culture comprend des hypothèses, des croyances, des pratiques, des attitudes et des perceptions.
• Entre autres, la culture se manifeste dans les comportements, les habitudes, les symboles, les institutions et les valeurs.
Si la culture comprend les perceptions et les croyances, nous devons admettre que ces perceptions etcroyances sont généralement accumulées et communiquées de façon linguistique. Même une peinture ou un dessin sont issus de la pensée d'un artiste qui, sans doute, est influencé par sa culture, et sa culture est façonnée en partie par sa langue. Même les sourds qui utilisent le langage gestuel ont une culture qui est façonnée par leur mode de communication.
Nous entendons souvent parler d'une déclaration ou d'un texte dont le sens « se perd dans la traduction ». Puisque les langues ne sont jamais créées avec la traduction à l'esprit, il n'existe aucun processus pour s'assurer que les deux langues se développent de façon complémentaire l’une par rapport à l'autre. Par conséquent, il y a parfois des concepts qui ne peuvent pas être facilement rendus dans une autre langue, et la traduction sera toujours approximative.
En fait, un bon exemple de cela est le mot anglais « entitlement », un mot qui revient souvent dans la version originale de la lettre de M. Hickie. En français, on parlerait de « ce qui revient de droit ». Je traduis l’expression par une définition parce que le français ne semble pas disposer d’expression qui traduit bien le mot « entitlement ». À moins, bien sûr, de parler des domaines spécifiques comme le droit et les assurances…
La langue façonne la culture et vice versa. C'est peut-être la meilleure preuve que la déclaration de M. Hickie concernant la langue et la culture est fausse. La langue et la culture ne sont pas, en soi, la même chose. Toutefois, elles sont si inextricablement liées l’un à l’autre qu’elles ne pourraient pas fonctionner isolément.
samedi 22 janvier 2011
Faire preuve de respect
De Caroline :
Vous êtes tous des ignorants. Personnellement, je crois en Dieu et à la modestie, mais ce n’est pas parce que vous n'y croyez pas que vous avez le droit de manquer de respect à mon égard en prétendant que mes croyances sont fausses. Je respecte vos croyances, alors pourquoi argumenter à ce sujet. Cessez d'être immature et apprenez à vous respecter. Cette discussion porte sur le fait d’avoir les seins nus, et non sur Dieu. Si quelqu'un affirme qu’elle veut faire preuve de pudeur en raison de ses croyances, il est impoli et irrespectueux de lui dire le contraire, et vice versa (sic). Cessez d’agir comme des enfants. (Pokedandprodded.health.com; les italiques sont de moi.)
La déclaration ci-dessus provient d'un site Web qui parle normalement de la santé, mais qui cette fois a permis à une auteure de revendiquer son égalité par rapport aux hommes en ce qui concerne le droit d’avoir les seins nus en public. Naturellement, Internet étant ce qu'il est, certains intervenants ont appuyé l'idée (et non seulement les hommes qui voulaient un changement de décor), tandis que d'autres s’y sont opposés. Beaucoup, sinon la plupart, des gens qui s’y opposaient le faisaient en raison de leurs croyances religieuses. Bien que l’on évoquait l’idée de la modestie, cette idée a presque toujours été rattachée à ce qu’elles croyaient être la volonté de Dieu.
Pour être juste, soulignons que certaines personnes qui croyaient en Dieu appuyaient tout de même l’initiative, ne serait-ce que pour indiquer qu’elles croyaient que les seins n’étaient pas seulement des objets sexuels. D'autres, cependant, ont dit clairement qu'ils n'avaient pas de croyances religieuses et critiquaient les personnes qui se servaient de la religion pour justifier leur opposition. Je ne prendrai pas parti sur la question.
Cependant, l’intervention de Caroline en réaction aux autres soulève une question philosophique intéressante. Elle veut les athées et les agnostiques lui montrent du respect en ne lui disant pas que ses croyances fausses sont justement fausses. Elle dit qu'elle respecte les croyances des athées et des agnostiques, mais elle n'a manifestement pas envie de les entendre parce nos opinions sont irrespectueuses – même si elle les respecte. Si elle avait au moins essayé de critiquer les deux côtés en fustigeant également certaines personnes d’avoir critiqué ceux qui ne voient aucun problème avec les seins nus, qu’elles soient religieuses ou non, je lui donnerais le bénéfice du doute. Mais seuls les athées et les agnostiques peuvent manquer de respect envers autrui, semble-t-il.
Il est amusant de philosopher sur ces questions, mais il ne faut pas oublier une chose : la liberté de religion inclut le droit de ne pas être religieux et d’en être libre de ses contraintes, et cela doit inclure le droit de critiquer la religion. Est-il possible de le faire de telle sorte que les dévots ne ressentent pas un manque de respect à leur égard? J'en doute. Après tout, beaucoup ont tendance à ne pas voir la poutre qui est dans leurs yeux quand ils critiquent les non-croyants d’avoir la sciure de bois dans les leurs. (Matthieu 7, 3.)
En abordant le sujet de la religion, il faut s'attendre à être confronté par d’autres internautes. C'est la nature du médium ainsi que la conséquence naturelle d'un débat public.
Vous êtes tous des ignorants. Personnellement, je crois en Dieu et à la modestie, mais ce n’est pas parce que vous n'y croyez pas que vous avez le droit de manquer de respect à mon égard en prétendant que mes croyances sont fausses. Je respecte vos croyances, alors pourquoi argumenter à ce sujet. Cessez d'être immature et apprenez à vous respecter. Cette discussion porte sur le fait d’avoir les seins nus, et non sur Dieu. Si quelqu'un affirme qu’elle veut faire preuve de pudeur en raison de ses croyances, il est impoli et irrespectueux de lui dire le contraire, et vice versa (sic). Cessez d’agir comme des enfants. (Pokedandprodded.health.com; les italiques sont de moi.)
La déclaration ci-dessus provient d'un site Web qui parle normalement de la santé, mais qui cette fois a permis à une auteure de revendiquer son égalité par rapport aux hommes en ce qui concerne le droit d’avoir les seins nus en public. Naturellement, Internet étant ce qu'il est, certains intervenants ont appuyé l'idée (et non seulement les hommes qui voulaient un changement de décor), tandis que d'autres s’y sont opposés. Beaucoup, sinon la plupart, des gens qui s’y opposaient le faisaient en raison de leurs croyances religieuses. Bien que l’on évoquait l’idée de la modestie, cette idée a presque toujours été rattachée à ce qu’elles croyaient être la volonté de Dieu.
Pour être juste, soulignons que certaines personnes qui croyaient en Dieu appuyaient tout de même l’initiative, ne serait-ce que pour indiquer qu’elles croyaient que les seins n’étaient pas seulement des objets sexuels. D'autres, cependant, ont dit clairement qu'ils n'avaient pas de croyances religieuses et critiquaient les personnes qui se servaient de la religion pour justifier leur opposition. Je ne prendrai pas parti sur la question.
Cependant, l’intervention de Caroline en réaction aux autres soulève une question philosophique intéressante. Elle veut les athées et les agnostiques lui montrent du respect en ne lui disant pas que ses croyances fausses sont justement fausses. Elle dit qu'elle respecte les croyances des athées et des agnostiques, mais elle n'a manifestement pas envie de les entendre parce nos opinions sont irrespectueuses – même si elle les respecte. Si elle avait au moins essayé de critiquer les deux côtés en fustigeant également certaines personnes d’avoir critiqué ceux qui ne voient aucun problème avec les seins nus, qu’elles soient religieuses ou non, je lui donnerais le bénéfice du doute. Mais seuls les athées et les agnostiques peuvent manquer de respect envers autrui, semble-t-il.
Il est amusant de philosopher sur ces questions, mais il ne faut pas oublier une chose : la liberté de religion inclut le droit de ne pas être religieux et d’en être libre de ses contraintes, et cela doit inclure le droit de critiquer la religion. Est-il possible de le faire de telle sorte que les dévots ne ressentent pas un manque de respect à leur égard? J'en doute. Après tout, beaucoup ont tendance à ne pas voir la poutre qui est dans leurs yeux quand ils critiquent les non-croyants d’avoir la sciure de bois dans les leurs. (Matthieu 7, 3.)
En abordant le sujet de la religion, il faut s'attendre à être confronté par d’autres internautes. C'est la nature du médium ainsi que la conséquence naturelle d'un débat public.
vendredi 21 janvier 2011
Récolter ce que l'on sème
Nota : Il y a quelque temps j'ai reçu un courriel contenant ce que l’on disait être un monologue de Ben Stein. En vérifiant auprès d’autres sources, j’ai constaté que bien des modifications ont été apportées au texte original, et j'ai commencé à écrire un article de blog en réaction à cela. Avant de pouvoir le finaliser, Gabrielle Giffords, un membre du Congrès américain, a reçu un coup de feu à la tête de la part de Jared Lee Loughner. Ce dernier a ensuite tiré sur d’autres personnes pour finalement en tuer six et en blesser 13 autres. M. Gifford tenait alors une activité publique appelée « Congress on Your Corner » (le Congrès au coin de la rue) pour rencontrer des citoyens à Tucson, en Arizona, lieu de la tuerie. Compte tenu de certains liens entre ce triste événement et le courriel, j'ai décidé de parler des deux dans le présent article.
Les chrétiens se vantent souvent d’avoir une meilleure vie parce qu'ils suivent le Guide divin pour une meilleure vie, c’est-à-dire, la Bible. Pourtant, certains semblent avoir un mépris particulier pour l'un des 10 commandements, celui qui interdit le faux témoignage.
Récemment, j'ai reçu un courriel au sujet d'un discours, ou peut-être un monologue, livré par un certain Ben Stein. Je ne sais pas trop qui est Ben Stein. Je ne suis tombé sur lui que trop rarement à la télé où je l’ai vu comme comédien dans des publicités, mais aussi comme expert politique et financier. Tout au moins, il semble être un homme éduqué et cultivé. Si l’on accepte ce que dit le courriel, M. Stein figure parmi les gens qui croient que le monde court à sa perte. Ou, du moins, les États-Unis.
Le courriel nous dit que le monologue a été livré à la télé. Après vérification sur snopes.com, je vois que c’est bien le cas, mais que la version que j’ai reçue a été modifiée. En d’autres mots, l’on peut attribuer certaines déclarations à M. Stein, mais pas toutes. Par exemple, on y trouve mention d’Anne Graham Lotz, fille du défunt et célèbre prédicateur Billy Graham, dans le courriel. Mais dans le texte original, elle n’y est pas. Pas plus que la mention concernant le suicide d’un des enfants du Dr Benjamin Spock. (Un suicide qui, d’ailleurs, n’aurait jamais eu lieu.)
Il serait intéressant de savoir pourquoi certains chrétiens ont ressenti le besoin d'ajouter à la déclaration de M. Stein des éléments puisés d’autres sources et de prétendre qu’ils venaient quand même de lui. Quelqu'un a sans doute cru qu’il fallait ajouter à ce que M. Stein avait véritablement dit à propos de Noël et de l'attitude des États-Unis à cet égard. Trouve-t-on que M. Stein attire bien notre attention mais ne va pas assez loin? Les commentaires d’Anne Graham étaient-ils si fragiles qu’il a fallu ajouter ceux de M. Stein pour les soutenir? Et si M. Stein n'a pas mentionné le Dr Spock, pourquoi prétendre qu'il l’a fait?
Examinons maintenant le courriel :
M. Stein dit que même s’il est juif, il n'est aucunement offusqué du fait que l’on appelle les arbres de Noël par ce nom, ni encore que les gens lui souhaitent un Joyeux Noël. Au contraire, il aime bien le fait que l’on veuille l’inclure dans les célébrations. Plus loin, il affirme qu’il ne s’oppose aucunement à la présence d’une crèche à un coin de rue achalandé non loin de son domicile.
M. Stein n'est pas explicite dans son commentaire, mais je crois qu'il dit qu'il préfère « Joyeux Noël » à « Joyeuses Fêtes ». Il se prononce donc contre la croyance (erronée) qu’il est interdit aux simples citoyens et aux entreprises privées de souhaiter Joyeux Noël en raison de la présence de non-chrétiens. Je ne sais pas comment ils sont arrivés à cette conclusion, mais ils aiment bien la répéter afin de passer pour des victimes de discrimination à rebours.
Les opposants « professionnels » savent mieux, mais continuent à masquer l'argument. Or, les agents et les institutions du gouvernement doivent en effet trouver des façons d'être le plus respectueux possible de toutes les croyances religieuses. Le principe de neutralité en matière de religion n'exige rien de moins. Mais cela ne s'applique pas aux personnes en dehors des situations de travail, ni aux entreprises du secteur privé. Si un simple citoyen veut ériger une crèche sur une terre privée, il en a parfaitement le droit. Et les employés du gouvernement peuvent même dire « Joyeux Noël » aux clients. C'est le nom officiel de la fête.
Quelqu'un d'aussi bien renseigné que M. Stein devrait le savoir. S’il est sincère, il devrait le dire clairement.
« Je n'aime pas que l’on me marche sur les pieds parce que je suis un juif, et je ne crois pas que les chrétiens aiment se faire marcher sur les pieds parce qu’ils sont chrétiens. Je crois que les gens qui croient en Dieu en ont assez de se faire traiter de la sorte. Je ne sais pas d’où vient cette idée que l'Amérique est un pays explicitement athée. Je ne la trouve pas dans la Constitution et je n'aime pas qu'on essaie me la rentrer de force dans mon crâne. » (Ma traduction.)
Cette déclaration de M. Stein est extrêmement malhonnête. Les athées eux-mêmes savent très bien que les États-Unis n'est pas un pays athée. Ce que nous disons c'est que la Constitution des États-Unis ne mentionne pas DIEU! La constitution est athée. Ce n'est pas la même chose que de dire que les États-Unis est un pays athée. Stein est assez intelligent et assez connaissant pour en faire la distinction et de savoir qu’il n’a pas dit toute la vérité.
Et maintenant, ces déclarations attribuées à M. Stein mais qui ne sont pas les siennes.
Le courriel nous présente une citation d’Anne Graham, supposément après que de nombreux états du sud avaient été dévastés par l'ouragan Katrina : « Je crois que Dieu est profondément attristé par cela, tout comme nous, mais pendant des années nous avons dit à Dieu de sortir de nos écoles, de sortir de notre gouvernement et de sortir de nos vies. Étant un vrai gentleman, je il a tranquillement acquiescé. Comment pouvons-nous espérer que Dieu nous donne sa bénédiction et sa protection si nous insistons pour qu'il nous laisse tranquille? »
Tout d'abord, la citation est plutôt une paraphrase. Deuxièmement, elle provient non pas à la suite de l'ouragan Katrina, mais à la suite des événements du 11 septembre 2001. Vous ne me croyez pas? Cherchez sur urbanlegends.about.com et breakthechain.org. Tout de même, considérons la déclaration telle que le courriel nous l’a présentée.
L’auteur du courriel décrit cette déclaration comme étant profonde et perspicace. À mon avis, cela se résume à jeter la faute sur les victimes. Dieu ne saurait pas les sauver parce que « nous » lui avons dit de foutre le camp? Et l’on dit qu’il est miséricordieux! De toute façon, comment savoir que toutes les victimes de Katrina ne voulaient plus de Dieu dans leurs vies? Oh! Vous dites que c'est l'effet d’avoir été boudé collectivement. Dans ce cas, Anne Graham et les personnes qui pensent comme elle sont-elles coupables par association?
En pensant aux attaques du 11 septembre 2001, l’auteur laisse entendre que les attentats terroristes par les islamistes sont causés par le fait que l’on ne peut plus prier ou lire la Bible dans les écoles américaines. Si je comprends bien, nous n'aurions pas besoin de toutes ces nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports si l'on pouvait de nouveau prier dans les écoles. Incroyable!
En pensant ensuite aux nombreuses fusillades qui ont eu lieu, entre autres, dans les écoles des États-Unis, l'auteur se demande aussi pourquoi nous avons écouté le Dr Spock et avons cessé de battre nos enfants. (En fait, le courriel dit « donner la fessée ».) « Maintenant, nous nous demandons pourquoi nos enfants n'ont pas de conscience, ne savent pas distinguer le bien du mal, et peuvent tuer des étrangers, leurs camarades de classe, et eux-mêmes sans aucun remords », peut-on y lire encore.
Pourquoi l’auteur présume-t-il que les tueurs n’ont aucun sens du bien et du mal? Seuls les vrais fous pourraient aspirer à un tel état d’esprit. Les personnes qui commettent ces actes savent très bien distinguer le mal et le bien. Le problème c’est qu’ils croient, trop souvent à tort, avoir subi une telle injustice que ces actes horribles leur paraissent comme étant un « mal nécessaire ».
Je ne sais pas pourquoi certaines personnes finissent par tuer. Certains disent que les enfants apprennent à être violents quand ils sont battus. D'autres disent que les enfants perdent leurs inhibitions quand ils n’on aucune crainte d’être punis. Allez donc choisir la solution qui convient!
« Si l’on y réfléchit assez longtemps et assez profondément, nous finirons peut-être par comprendre. Je crois que cela a beaucoup à voir avec le fait que nous récoltons ce que nous semons. » Justement, si nous semons la confusion, le désarroi et la division, c'est ce que nous obtenons. À cet égard, l'auteur du courriel semble bien faire son travail.
Mais essayons d'aller au-delà de la confusion. Tout d'abord, qu'avons-nous semé? Nous avons réformé le système éducatif pour décourager le décrochage scolaire afin que les élèves restent à l'école plus longtemps. Si les élèves avaient déjà quitté l'école pour se trouver du travail, ils auraient probablement tué des travailleurs. Qu'avons-nous récolté? Des meurtres à une échelle correspondant aux armes de la technologie de pointe. Aucun carnage d’une telle ampleur n’aurait pu se produire dans le passé. La technologie n'y était pas. Ce qui nécessitait cinq hommes armés peut maintenant être accompli par un seul.
Passons maintenant à la tuerie de Tucson, en Arizona:
Elle n’a pas eu lieu dans un milieu scolaire, mais étant donné l'âge du tireur, cela aurait pu être le cas. Quelle que soit son point de vue politique – s’il en avait – il paraît qu’il était plutôt intéressé à faire des vagues. À cet égard, il a réussi. Certains voudraient bien jeter la faute sur la droite politique, et j’aimerais bien le faire aussi. Si un lien pouvait être établi entre le discours venimeux de certains et la violence commise par un autre, j’en serais ravi.
Mais la vérité est qu'il n’y avait probablement aucun lien dans ce cas. Avec le temps, nous apprenons qu’il n’était pas amateur des émissions-débats de la droite et n’accordait aucune importance à la fameuse liste de Sarah Palin qui montre les cibles politiques.
Alors, que proposerait notre cher auteur de courriel comme cause dans ce cas? L’absence de la prière dans nos écoles? Les parents trop doux envers leurs enfants? Un accès trop facile aux armes dangereuses?
J’aimerais bien connaître la réponse. En fait, je suis persuadé que personne ne la connaît. La seule certitude est que Jared Lee Loughner était un homme très malade. Pas fou, mais très malade. Je ne crois pas la prière aurait aidé. Du moins, il aurait fallu y ajouter une camisole de force.
Les chrétiens se vantent souvent d’avoir une meilleure vie parce qu'ils suivent le Guide divin pour une meilleure vie, c’est-à-dire, la Bible. Pourtant, certains semblent avoir un mépris particulier pour l'un des 10 commandements, celui qui interdit le faux témoignage.
Récemment, j'ai reçu un courriel au sujet d'un discours, ou peut-être un monologue, livré par un certain Ben Stein. Je ne sais pas trop qui est Ben Stein. Je ne suis tombé sur lui que trop rarement à la télé où je l’ai vu comme comédien dans des publicités, mais aussi comme expert politique et financier. Tout au moins, il semble être un homme éduqué et cultivé. Si l’on accepte ce que dit le courriel, M. Stein figure parmi les gens qui croient que le monde court à sa perte. Ou, du moins, les États-Unis.
Le courriel nous dit que le monologue a été livré à la télé. Après vérification sur snopes.com, je vois que c’est bien le cas, mais que la version que j’ai reçue a été modifiée. En d’autres mots, l’on peut attribuer certaines déclarations à M. Stein, mais pas toutes. Par exemple, on y trouve mention d’Anne Graham Lotz, fille du défunt et célèbre prédicateur Billy Graham, dans le courriel. Mais dans le texte original, elle n’y est pas. Pas plus que la mention concernant le suicide d’un des enfants du Dr Benjamin Spock. (Un suicide qui, d’ailleurs, n’aurait jamais eu lieu.)
Il serait intéressant de savoir pourquoi certains chrétiens ont ressenti le besoin d'ajouter à la déclaration de M. Stein des éléments puisés d’autres sources et de prétendre qu’ils venaient quand même de lui. Quelqu'un a sans doute cru qu’il fallait ajouter à ce que M. Stein avait véritablement dit à propos de Noël et de l'attitude des États-Unis à cet égard. Trouve-t-on que M. Stein attire bien notre attention mais ne va pas assez loin? Les commentaires d’Anne Graham étaient-ils si fragiles qu’il a fallu ajouter ceux de M. Stein pour les soutenir? Et si M. Stein n'a pas mentionné le Dr Spock, pourquoi prétendre qu'il l’a fait?
Examinons maintenant le courriel :
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M. Stein dit que même s’il est juif, il n'est aucunement offusqué du fait que l’on appelle les arbres de Noël par ce nom, ni encore que les gens lui souhaitent un Joyeux Noël. Au contraire, il aime bien le fait que l’on veuille l’inclure dans les célébrations. Plus loin, il affirme qu’il ne s’oppose aucunement à la présence d’une crèche à un coin de rue achalandé non loin de son domicile.
M. Stein n'est pas explicite dans son commentaire, mais je crois qu'il dit qu'il préfère « Joyeux Noël » à « Joyeuses Fêtes ». Il se prononce donc contre la croyance (erronée) qu’il est interdit aux simples citoyens et aux entreprises privées de souhaiter Joyeux Noël en raison de la présence de non-chrétiens. Je ne sais pas comment ils sont arrivés à cette conclusion, mais ils aiment bien la répéter afin de passer pour des victimes de discrimination à rebours.
Les opposants « professionnels » savent mieux, mais continuent à masquer l'argument. Or, les agents et les institutions du gouvernement doivent en effet trouver des façons d'être le plus respectueux possible de toutes les croyances religieuses. Le principe de neutralité en matière de religion n'exige rien de moins. Mais cela ne s'applique pas aux personnes en dehors des situations de travail, ni aux entreprises du secteur privé. Si un simple citoyen veut ériger une crèche sur une terre privée, il en a parfaitement le droit. Et les employés du gouvernement peuvent même dire « Joyeux Noël » aux clients. C'est le nom officiel de la fête.
Quelqu'un d'aussi bien renseigné que M. Stein devrait le savoir. S’il est sincère, il devrait le dire clairement.
« Je n'aime pas que l’on me marche sur les pieds parce que je suis un juif, et je ne crois pas que les chrétiens aiment se faire marcher sur les pieds parce qu’ils sont chrétiens. Je crois que les gens qui croient en Dieu en ont assez de se faire traiter de la sorte. Je ne sais pas d’où vient cette idée que l'Amérique est un pays explicitement athée. Je ne la trouve pas dans la Constitution et je n'aime pas qu'on essaie me la rentrer de force dans mon crâne. » (Ma traduction.)
Cette déclaration de M. Stein est extrêmement malhonnête. Les athées eux-mêmes savent très bien que les États-Unis n'est pas un pays athée. Ce que nous disons c'est que la Constitution des États-Unis ne mentionne pas DIEU! La constitution est athée. Ce n'est pas la même chose que de dire que les États-Unis est un pays athée. Stein est assez intelligent et assez connaissant pour en faire la distinction et de savoir qu’il n’a pas dit toute la vérité.
Et maintenant, ces déclarations attribuées à M. Stein mais qui ne sont pas les siennes.
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Le courriel nous présente une citation d’Anne Graham, supposément après que de nombreux états du sud avaient été dévastés par l'ouragan Katrina : « Je crois que Dieu est profondément attristé par cela, tout comme nous, mais pendant des années nous avons dit à Dieu de sortir de nos écoles, de sortir de notre gouvernement et de sortir de nos vies. Étant un vrai gentleman, je il a tranquillement acquiescé. Comment pouvons-nous espérer que Dieu nous donne sa bénédiction et sa protection si nous insistons pour qu'il nous laisse tranquille? »
Tout d'abord, la citation est plutôt une paraphrase. Deuxièmement, elle provient non pas à la suite de l'ouragan Katrina, mais à la suite des événements du 11 septembre 2001. Vous ne me croyez pas? Cherchez sur urbanlegends.about.com et breakthechain.org. Tout de même, considérons la déclaration telle que le courriel nous l’a présentée.
L’auteur du courriel décrit cette déclaration comme étant profonde et perspicace. À mon avis, cela se résume à jeter la faute sur les victimes. Dieu ne saurait pas les sauver parce que « nous » lui avons dit de foutre le camp? Et l’on dit qu’il est miséricordieux! De toute façon, comment savoir que toutes les victimes de Katrina ne voulaient plus de Dieu dans leurs vies? Oh! Vous dites que c'est l'effet d’avoir été boudé collectivement. Dans ce cas, Anne Graham et les personnes qui pensent comme elle sont-elles coupables par association?
En pensant aux attaques du 11 septembre 2001, l’auteur laisse entendre que les attentats terroristes par les islamistes sont causés par le fait que l’on ne peut plus prier ou lire la Bible dans les écoles américaines. Si je comprends bien, nous n'aurions pas besoin de toutes ces nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports si l'on pouvait de nouveau prier dans les écoles. Incroyable!
En pensant ensuite aux nombreuses fusillades qui ont eu lieu, entre autres, dans les écoles des États-Unis, l'auteur se demande aussi pourquoi nous avons écouté le Dr Spock et avons cessé de battre nos enfants. (En fait, le courriel dit « donner la fessée ».) « Maintenant, nous nous demandons pourquoi nos enfants n'ont pas de conscience, ne savent pas distinguer le bien du mal, et peuvent tuer des étrangers, leurs camarades de classe, et eux-mêmes sans aucun remords », peut-on y lire encore.
Pourquoi l’auteur présume-t-il que les tueurs n’ont aucun sens du bien et du mal? Seuls les vrais fous pourraient aspirer à un tel état d’esprit. Les personnes qui commettent ces actes savent très bien distinguer le mal et le bien. Le problème c’est qu’ils croient, trop souvent à tort, avoir subi une telle injustice que ces actes horribles leur paraissent comme étant un « mal nécessaire ».
Je ne sais pas pourquoi certaines personnes finissent par tuer. Certains disent que les enfants apprennent à être violents quand ils sont battus. D'autres disent que les enfants perdent leurs inhibitions quand ils n’on aucune crainte d’être punis. Allez donc choisir la solution qui convient!
« Si l’on y réfléchit assez longtemps et assez profondément, nous finirons peut-être par comprendre. Je crois que cela a beaucoup à voir avec le fait que nous récoltons ce que nous semons. » Justement, si nous semons la confusion, le désarroi et la division, c'est ce que nous obtenons. À cet égard, l'auteur du courriel semble bien faire son travail.
Mais essayons d'aller au-delà de la confusion. Tout d'abord, qu'avons-nous semé? Nous avons réformé le système éducatif pour décourager le décrochage scolaire afin que les élèves restent à l'école plus longtemps. Si les élèves avaient déjà quitté l'école pour se trouver du travail, ils auraient probablement tué des travailleurs. Qu'avons-nous récolté? Des meurtres à une échelle correspondant aux armes de la technologie de pointe. Aucun carnage d’une telle ampleur n’aurait pu se produire dans le passé. La technologie n'y était pas. Ce qui nécessitait cinq hommes armés peut maintenant être accompli par un seul.
Passons maintenant à la tuerie de Tucson, en Arizona:
Elle n’a pas eu lieu dans un milieu scolaire, mais étant donné l'âge du tireur, cela aurait pu être le cas. Quelle que soit son point de vue politique – s’il en avait – il paraît qu’il était plutôt intéressé à faire des vagues. À cet égard, il a réussi. Certains voudraient bien jeter la faute sur la droite politique, et j’aimerais bien le faire aussi. Si un lien pouvait être établi entre le discours venimeux de certains et la violence commise par un autre, j’en serais ravi.
Mais la vérité est qu'il n’y avait probablement aucun lien dans ce cas. Avec le temps, nous apprenons qu’il n’était pas amateur des émissions-débats de la droite et n’accordait aucune importance à la fameuse liste de Sarah Palin qui montre les cibles politiques.
Alors, que proposerait notre cher auteur de courriel comme cause dans ce cas? L’absence de la prière dans nos écoles? Les parents trop doux envers leurs enfants? Un accès trop facile aux armes dangereuses?
J’aimerais bien connaître la réponse. En fait, je suis persuadé que personne ne la connaît. La seule certitude est que Jared Lee Loughner était un homme très malade. Pas fou, mais très malade. Je ne crois pas la prière aurait aidé. Du moins, il aurait fallu y ajouter une camisole de force.
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